Lorsque je me retrouve face à une page blanche,
Les mots coulent tout seul d’habitude, et pourtant,
Ce jour, seules les larmes veulent entrer dans la danse,
Et me font trébucher à chaque pas tranchant.
Mes doutes et mes faiblesses, refoulés tant de fois,
Me sautent à la figure, je ne maîtrise plus rien,
Car mes espoirs sont morts, mon Amour n’est plus roi,
Tu m’as laissée toute seule, avec un mal de chien.
Pourquoi revient sans cesse ? Pourquoi toi ? Pourquoi nous ?
Quel est donc ce Dieu fou qui t’a ôté la vie ?
Je ne peux pas répondre, mon coeur est un peu flou,
Et je tisse ma toile autour de nos fous rires.
Tu as été le premier à me dire « je t’aime »,
C’était en 76, il y a trente six ans,
A l’âge où les amours débutent avec leurs peines,
Où l’avenir nous semble pourtant un grand tournant.
Et les ans ont passé, mais pas les souvenirs,
Nous nous sommes retrouvés il y a deux ans à peine,
Prêts à enfin le vivre, cet amour inédit,
Ce bonheur infini qui coulait dans nos veines.
Bébé, j’ai tellement mal, j’ai les tripes en charpie,
On m’ampute d’un bras sans me laisser le choix,
Une partie de mon coeur s’est tout d’un coup meurtrie,
Et mes pauvres épaules, sous cette douleur, ploient.
Pourtant j’aime sourire en pensant à tes mots,
Par telle ou telle vanne, nos rires devenaient fous,
Et tel un bon « macho » tu le prenais de haut,
Faisant style « c’est normal, oh ! Qui c’est le marlou ? »
Mais voilà, plus tes bras, ni lèvres à embrasser,
Le rideau est tombé sur une histoire trop courte,
Je voudrais tant pouvoir remonter le passé,
Et arriver à temps pour éloigner la foudre.
Impuissante, paumée, le silence qui m’entoure,
Ne peut atténuer les cris que mon coeur pousse,
Je ne sais pas comment gommer ce sale tour,
Que la vie nous a fait, à toi et moi, ta puce.
Ne m’abandonne pas, bébé, je t’en supplie,
Fais encore quelques tours de grande roue avec moi,
Offre moi ces manèges où on lance des défis,
Aux lois de l’attraction, synonymes de combats.
Toi, ton dernier combat, tu l’as fait en solo,
Et je n’ai plus d’autre choix que de vivre sans toi,
C’est pour ça que je pleure sur ton sort, mon « cono »
Toi qui ne sera plus là pour m’aider dans mes choix.
Quand j’écris, d’habitude, mes forces se réveillent,
Et ma « gnaque » revient, je relève le menton,
Mais là, bébé, je crois que je fais moins la fière,
Car ton absence atroce, m’empoisonne l’horizon…